Une offre et un fil rouge: le soutien à la création

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Derrière nos actions atypiques en matière d'animation socio-culturelle, nous proposions aussi et surtout une offre socioculturelle, corédigé avec Serge Michel, et qui a bien résisté au temps, puisque nous offrons toujours la plupart de ces services sous l'égide de Smala :

Qui a besoin d'un press-book ? Où organiser des happenings expérimentaux ? Qui désire collaborer avec d'autres organismes artistiques de la région, savoir à qui montrer quoi, comment et quand ? Qui veut présenter une expo bâtarde ? Qui cherche des avis extérieurs sur ses essais, des conseils pour constituer un dossier, trouver un financement ? Qui veut diffuser une création amusante, des cartes postales, une nouvelle ? Qui a besoin d'une petite salle de rencontre une fois par mois ? Où lancer la formule des vernibrunchs ?
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Les gens et les groupes qui se reconnaissent dans ces questions peuvent utiliser la structure et les services de l'association pour réaliser leurs créations à moindres frais et avec le soutien des membres actifs pour les questions d'organisation, de gestion et de diffusion. Les projets sont présentés au comité de gestion de l'association, qui aide à définir au mieux les collaborations possibles et fournit au cas par cas des locaux, du temps, de l'argent, du matériel, un écho auprès du réseau des partenaires, etc.

Déjà un rôle d'incubateur d'innovation sociale

Fin 1993, des extraterrestres débarquent à Soleure, ville de Suisse centrale. Ce sont des étudiants de la ville d'Aarhus, au Danemark. Ils sont venus d'un centre hors du commun, l'école des pilotes du Chaos[1].

Leur direction pédagogique leur a donné pour mission de réaliser un travail de diplôme peu classique : organiser le premier concours de création d'entreprises innovantes en Suisse. C'est le concours Innovators. Tir Groupé s'y connecte. Notre service de connexions créatives, qui surfe sur la vague d'internet avant l'heure, les interpelle. Ils nous confient alors la mission de stimuler la créativité en Romandie. A l'époque, le grand public ne connaît pas encore les notions de web, de start-up, et encore moins d'entrepreneuriat social.

Voici ce qu'en dit Le Nouveau Quotidien, le 31 mai 1994 :

« Au lendemain du 20 février, date à laquelle la promotion économique soleuroise remettait ses prix aux lauréats du concours national Innovators, récompensant les meilleurs projets de création d’entreprise en période de crise, 50 candidats romands se sont retrouvés sur le carreau

« Réunie hier à Lausanne en présence de la syndique Yvette Jaggi, marraine parmi d’autres parrains du concours Innovators, l’association lausannoise Tir Groupé, créée il y a un an, s’accorde un mois pour mettre sur pied un comité de coordination chargé de donner une suite concrète à ces projets non retenus. Il lui reste encore d’ici là à les classer selon leur champ d’appellation : social, invention, culture, environnement

« L’engouement né du concours soleurois pour ce genre d’aide à la création d’entreprise a été tel qu’un réseau regroupant dix associations régionales (dont Tir Groupé et une autre à Genève pour la Suisse romande) est en train de se constituer. Son nom : I-Plus. Pour donner leur chance à tous ces projets non primés à Soleure, à ceux qui viendront aussi. »

Un soutien fédéral pour nos initiatives locales

Dès 1994, une déléguée du Conseil suisse des activités de jeunesse[2], vient nous voir. Elle gère un fonds fédéral pour appuyer la transition dans les pays de l'Est. Notre démarche innovante de Tir Groupé lui semble pertinente à déployer dans l'ancien bloc soviétique.

Elle nous encourage à partager notre art de vivre et à animer des ruches créatives. De 1995 à 1997, nous obtenons trois financements fédéraux et partons en Slovénie, Tchéquie, Hongrie et Bulgarie pour aider à créer des centres mélangeant photographie, formation, solidarité et innovation.

Nicolas Henchoz, un des piliers de Tir Groupé, est de la partie. Il deviendra ensuite présentateur du téléjournal, puis membre de la direction de l’Ecole Polytechnique Fédérale, continuant d'appuyer notre démarche.

Nous bénéficions aussi des conseils avisés de Claude Béglé, homme du monde à l'énergie époustouflante. Il avait fait une entrée remarquée dans l'aventure du Labyrinthe pendant la soirée cocktail putz, en débarquant d'on ne sait où pour nous aider à nettoyer le grenier tout un samedi soir. Il est à l'époque grand boss d'une multinationale en Pologne. Toujours en vadrouille, il nous aide par téléphone à bien naviguer dans les réalités de cette Europe de l'Est libérée du soviétisme, en quête identitaire. Nous obtenons de bons résultats : une ruche style Tir Groupé ouvre à… Sofia. Elle sera gérée par Boris Missirkov et Gueorgui Bogdanov[3] ! Attila Pocze démarre la galerie photo Vintage à Budapest et, en 2013, il était toujours possible de la visiter en venant de la part de Tir Groupé. Ce réseau européen qui permet d'étendre l'esprit de Tir Groupé se révèle au célèbre Musée de l’Elysée pour la photographie, qui accueille en juin 1996 l'exposition Collective Eye : 25 jeunes artistes européens en tournée, pour célébrer la création de ces centres créatifs à l'Est.

Pendant la conférence de presse, un collaborateur du musée dit « c'est tout de même incroyable que moins de 7 ans après la chute du mur de Berlin, vous ayez réussi à monter un projet en utilisant le mot honni de la période communiste : collectif ».

Comme quoi nous ne cherchions pas à être à la mode, nous essayions de partager des valeurs fortes qui transcendent les époques. Et sans être pour autant communistes, ou anarchistes ! Juste créatifs et humanistes.

Notes et Références